Du 13 juillet au 8 septembre 2019

Ouvert du jeudi au lundi de 15h à 19h
Rencontre avec les artistes le samedi 17 août à partir de 18h30

     EXPOSITION PASCALE VERGERON ET ROBERT KERAMSI A L'ABBADIALE © stockli

Pascale VergeronPeintures / Robert KeramsiSculptures

Robert Keramsi animera un stage de modelage à la Maison des Arts les 14 et 15 septembre prochains

PASCALE VERGERON

Autodidacte, j’ai commencé la peinture il y a vingt-cinq ans, découvrant un monde imposant la modification du regard et des angles de vue, brouillant ainsi les pistes du tangible. Une incarnation nouvelle a engendré le besoin de dire entre les lignes du corps, l’humain est devenu le sujet autour duquel ma peinture s’est toujours articulée. Puis l’opportunité d’exposer dans un théâtre m’a amenée à travailler sur la théâtralité ordinaire à travers laquelle on s’essaye à être. Les questionnements identitaires ont alors habité mes personnages une bonne dizaine d’années (des toiles représentatives de cette période sont exposées à Nay à la Minoterie et, à compter du 1e août, dans la salle d’exposition de la médiathèque de Laruns).

Puis les mystères de l’intériorité sont venus susurrer l’extravagance de contrées contenues. Des terres ténues de l’intime aux étendes de nos pertes de vue, les mondes qui nous composent m’appellent au large. Depuis quelques temps, la représentation de l’humain ne se distingue plus par sa théâtralisation mais se destine à une vision plus paysagée. L’exposition à l’Abbadiale présente essentiellement les œuvres d’une nouvelle série commencée récemment intitulée «Les maisons ou les murs de l’imaginaire», série ouvrant les champs suggestifs de nos résonances personnelles sur la notion de maison, de la projection intime de notre appartenance à des histoires se construisant dans le temps, de l’empreinte d’un espace dans un autre espace, de la maison qui nous habite et la maison qui nous abrite.

ROBERT KERAMSI

La sculpture de Robert Kéramsi (comme aussi son dessin) rejette d’avance les termes de la vieille controverse du beau contre le vrai. Elle rayonne de la jubilation d’un métier évidemment inné. Tout entière vouée au corps et à la matière, elle s’impose par une présence qui ne s’embarrasse pas du désir de séduire ni du besoin d’expliquer. Elle est sauvage et puissante mais ne semble pas le savoir. Elle inquiète autant qu’elle attire, comme une bête non domestiquée. On dirait qu’à  toute époque de son histoire elle vient de naître. La sculpture de Kéramsi, c’est l’enfance de l’art.       Georges Monti  (Editeur-Les éditions du Temps qu’il Fait)

Le corps marqué par le temps et par la vie, le corps parchemin, le corps qui sue, le corps vrai. C’est l’humain. Et c’est sur l’humain que depuis 1992 repose mon travail de sculpteur.

Dans ma recherche artistique je m’efforce de parvenir à matérialiser la présence : donner vie à l’inerte, donner du mouvement à l’immuable.

Au cours des années et par la pratique s’est progressivement imposé à moi un lien entre cette présence que je sentais prête à être révélée et le travail au présent, de l’instant, spontané : je malaxe l’argile ou le ciment jusqu’à l’apparition d’une silhouette et me laisse guider par ce qui se forme sous mes yeux. J’assiste et accompagne une naissance. À l’affût des précieux « accidents » qui vont donner l’expression et la personnalité. Ces visages qui se révèlent, comme s’ils n’étaient qu’enfouis dans la matière me surprennent chaque fois. Cet effet de surprise est essentiel et communicatif… il est synonyme de présence.

Chaque personnage que mes doigts vont faire émerger de la matière doit avoir une histoire qui lui soit propre, une identité. Certains évoqueraient l’inconscient, mais j’aime parler de hasard. Le hasard  va entrer en jeu et permettre à une diversité de faciès d’exister et de caractériser mon œuvre. En puisant dans l’aléatoire, il n’y a pas de limite à l’inspiration.

La contrainte due à la rapidité de prise du ciment prompt, mon matériau de prédilection, s’est avérée être un atout majeur dans mon parcours car elle m’a imposé d’aller à l’essentiel, de me débarrasser de toute intention et de « jouer avec les accidents », d’être dans une traduction simultanée de la matière vers l’œuvre.

La salle d’exposition

La rencontre avec les artistes