Du 13 juin au 27 juillet 2020

Juin : du jeudi au lundi de 15h à 18h.

Juillet : du jeudi au lundi de 15h à 19h


 

 

 

 

Nathalie Javaloyes

       pastedGraphic.png        Chaque sculpture est une rencontre…

Autodidacte une chance…j’ai cherché, cheminé puis la main a trouvé son écriture. Amener de la transparence, 

de la légèreté dans le bois, cette matière noble, dense, pleine, la rencontrer, jouer avec elle… j’aime interroger sans cesse cette relation et sans cesse la reconstruire ne pas la perdre, ne pas se perdre en restituant une douce complicité en toute simplicité, le sentiment d’une présence délicate… 

4 chemin Bielho Borde – 64260 Buzy

06 81 14 84 54 – nathalie.javaloyes@gmail.com

 

Jean-Louis Fauthoux

 

 

Depuis 1992, je fabrique du papier : en autodidacte, passionnément.

Au début, j’ai réalisé un vieux rêve : « faire un livre de A à Z » . J’ai fait de la pâte, recyclée,                     

avec des broyeurs de fortune, acquis quelques casses de caractères qui m’ont permis de      typographier des haïkus et autres textes brefs, de réaliser des livrets accompagnés de peintures ou de gravures. Il y a eu aussi ce que j’ai nommé des « papiers/peintures », soulignant par là un lien étroit entre mes papiers en tant que matière colorée et la peinture que je pratique parallèlement.

          C’est en 2016 que, me sentant un peu « piégé » par les mots qui semblaient monopoliser l’attention portée sur mon travail de matières-couleurs, après l’étape des « livres muets », j’ai réalisé le livret : « Je me défais de l’ombre du poème ». C’était sans doute une manière de formaliser une prise de distance, afin de mettre désormais toute mon attention sur le papier en tant que tel.     

          

           Pendant des années, le plus souvent, mes papiers avaient une texture assez épaisse, ce qui me permettait d’ailleurs de faire des grands formats. Parfois, à l’occasion d’une déchirure ou en observant des bords aux barbes longues, à la lumière d’un filigrane ou encore grâce à une forme (tamis) oubliée dehors sous la pluie, le papier affirmait des qualités propres de finesse, de subtilité etc. que je veux maintenant explorer.

            2018 : depuis quelques mois, j’ai décidé de laisser parler le papier dans une sobriété choisie, en travaillant principalement avec du blanc (coton, lin blanc).

            Je me suis concentré sur les épairs, les transparences, les franges des feuilles, allant le plus loin possible dans l’affinage, poussant, étalant les bords dans leurs extrêmes limites, au ras du vide. Pour cela, j’utilise des outils simples, élémentaires (mis à part ma pile hollandaise acquise en 2006). Et je fabrique  toutes mes formes, excepté celle réalisée en Angleterre par Edwin Amies : une magnifique forme pour papier vergé.

Les fibres de cellulose, leurs forces et leurs fragilités se présentent matières et lumières dans leur complexité, leur splendeur; parfois avec l’aide du mouvement de l’air, ou simplement du souffle de ceux qui les regardent. Je m’applique, en peintre, à les mettre en valeur.

Certaines feuilles révèlent leur texture en  lumière de face  ou rasante, avec un éclairage naturel ou dans une lumière artificielle; parfois, c’est grâce à un contre-jour que la matière du papier apparaîtra.

Dans mes expositions, les papiers sont présentés au mur, sur table, en suspens dans le vide, peuvent être vus d’en haut, de face en frontalité, d’en bas, au sein d’un labyrinthe parcouru où le déplacement du spectateur pourra mettre les œuvres en mouvement et les offrira au regard sous des éclairages différents. Loupe ou compte-fil peuvent être mis à disposition pour « aiguiser » les vues défaillantes.

Je joue avec la transparence, la disparition, l’effacement ; c’est souvent une approche du détail, voire de l’infiniment petit ; je peux même dire qu’il y a des moments où je me livre, en détachant certains papiers, à des activités liliputiennes qui nécessitent une ferveur et une obstination patientes.

C’est une sorte d’indécision, comme une mélancolie lente, qui attend, un espace flottant entre tissu et papier, une rêverie de matière et de lumières mêlées ; rives inachevées, bords arrêtés, suspendus ; et le grain, perle d’eau, crépite, ébloui.

Site : jeanlouisfauthoux.wordpress.com