Philippe Jacques
ÉCHOS, EN FAIRE UNE MONTAGNE
4 avril > 17 mai 2026
du vendredi au lundi, 14h30 >18h00
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vernissage le vendredi 3 avril à partir de 18h
La pratique de Philippe Jacques s’élabore dans l’attention portée au geste, à ce que le trait révèle autant qu’il dissimule. Face à la montagne, son questionnement prend une dimension nouvelle — presque sensorielle. Comment rendre compte d’un blanc qui n’est jamais tout à fait le même, d’une présence à la fois massive et silencieuse en pleine mutation ?
C’est cette tension — entre la rigueur d’une démarche graphique affirmée et l’insaisissable beauté d’un territoire — que l’exposition donne à voir et à éprouver. Dessins, peintures et installations se déploient dans les espaces de l’Abbadiale comme les strates d’une même interrogation : celle d’un artiste qui ne cherche pas à représenter la montagne, mais à en restituer l’expérience sensible, dans toute sa complexité et sa profondeur.
QUE LA MONTAGNE EST BELLE !
micro-architecture (rez-de-chaussée)
Une micro-architecture investit l’espace de la Maison des Arts, portant fragments de gravures, textes ou dessins — autant de papiers imprimés, collectés, pliés, suspendus, qui font de l’installation un espace à part entière, à hauteur d’homme, propice à la déambulation et à la lecture.
À ces papiers de l’artiste se mêlent ceux des enfants d’Arras-en-Lavedan et d’Argelès-Gazost, qui ont posé à leur tour un regard sur la montagne en hiver — direct et sensible. Leurs évocations du blanc, du froid, du silence viennent habiter l’installation et lui donner une voix inattendue.
Car c’est bien le blanc qui est au cœur de l’œuvre. Blanc de la neige et du givre, de la glace et du brouillard. Blanc des troupeaux, de la laine, du lait. Autant de nuances pour regarder la montagne dans le blanc des yeux.
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ALTITUDE / ATTITUDE / LATITUDE
dessins et peintures (étage)
Fictions graphiques et poétiques, reliefs, textures, motifs — le dessin et la peinture de Philippe Jacques se déploie comme une série de fenêtres ouvertes sur la montagne. Sur son immensité et son intimité. Sur ce qui en elle demeure, et ce qui, imperceptiblement, se transforme.
Les œuvres présentées ici n’épuisent pas ce seul territoire. Elles offrent également un aperçu plus large d’une recherche formelle et chromatique qui traverse l’ensemble du travail de l’artiste — une exploration continue des formes, de la couleur, de ce que le geste graphique peut contenir et révéler.
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ASCENSION
installation (cour)
Une simple échelle, comme une invitation à réfléchir sur l’acte de grimper, pourquoi ? Comment ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?
Cette installation à dimension poétique, pointée vers le grand paysage est conçue comme une interpellation, une interrogation, à la fois introduction et conclusion de l’exposition.
L’ARTISTE
Artiste et architecte, Philippe Jacques est cofondateur d’Arc en rêve – Centre d’architecture à Bordeaux, où il a exercé de 1981 à 2007. Depuis 2007, il travaille comme artiste indépendant.
Il pratique le dessin à l’encre noire sur papier — plume, pochoir, petits et moyens formats — depuis toujours. À partir de 2007, il développe également la peinture acrylique sur papier et sur toile, ainsi que des installations combinant métal, textile, papier, contreplaqué et peinture.
Sa philosophie du dessin est particulièrement éloquente : engager un trait sur une feuille immaculée sans savoir où il mène, accepter les taches, les ratages et les dérapages comme sources d’invention, dans un mouvement perpétuel de renouvellement et d’approfondissement.
Son travail acquiert une visibilité internationale en 2010 avec la présentation d’Architexture au sein de l’Atrium du Musée Guggenheim de Bilbao, avant d’être montré à Paris en 2012 à la Galerie Six Elzévir. En 2019, une double exposition au Musée Pyrénéen de Lourdes et au Musée des Beaux-Arts de Pau marque un tournant dans son rapport au territoire pyrénéen, qui devient dès lors un axe central de sa recherche.
En 2022 et 2023, il expose à la Rikiki Galerie à Castillon-la-Bataille, et en 2024 publie un recueil de 15 dessins accompagnés d’un poème de Saïd Mohamed aux Éditions Estienne.
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