du 6  au 30 janvier 2020

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino

Enquête artistique sur le rapport des habitants à la création contemporaine dans leurs paysages quotidiens.

 

 

«Des habitants à l’oeuvre»

  • Bruno Almosnino et Alexandra Pouzet répondent aux nombreuses questions suscitées par leur présentation.
    Bruno Almosnino et Alexandra Pouzet répondent aux nombreuses questions suscitées par leur présentation.

 

 » Le 10 janvier, la municipalité d’Arras-en-Lavedan proposait une première présentation de la résidence d’artistes sur le thème «Des habitants à l’œuvre», réalisée par les artistes eux-mêmes, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino.

«Il ne s’agit que d’un extrait du travail mené depuis septembre 2018, soit à peu près un tiers», précise Alexandra Pouzet, au début de la rencontre, rassurant les personnes venues ce soir qui auraient pu s’inquiéter de ne pas s’y retrouver présentées. La feuille de route de ce projet, confié par la mairie d’Arras-en-Lavedan, «Une enquête réflexive sur le rapport d’habitants à la création contemporaine» dans ce village de montagne profondément marqué par l’art où les œuvres font partie intégrante du paysage.

À la suite d’une rencontre fortuite par le biais du bistro-librairie Le Kairn, les deux artistes décident de proposer leurs services à Charles Legrand, le maire du village, et parviennent, grâce à leurs travaux précédents, à le convaincre. Ils rencontrent alors une cinquantaine d’habitants d’Arras pour retenir finalement 25 d’entre eux.

Connaître leur point de vue sur le village et son identité artistique est le point de départ, mais les entretiens se font plus intimes et chacun livre un peu de lui dans le souci évident de garder une trace d’eux et de leur village bien au-delà de la feuille de route de départ. Des témoignages de vie, des visages taillés à la serpe dans une recherche esthétique dévoilant une authenticité et une certaine fragilité qui déroutent le public.

Laisser indifférent est le pire cauchemar de l’artiste, questionner, déranger, intriguer voire repousser est signe que la recherche artistique a atteint son but : bousculer.

Les réactions exprimées à l’issue de la présentation ne laissent aucun doute, le travail des deux artistes a bousculé. Ces portraits ont questionné, parfois dérangé ou enthousiasmé mais n’ont laissé personne indifférent. Les textes accompagnant la présentation ont rajouté à l’esprit poétique du travail de la photographe, lus à haute voix par les deux artistes renforçant ainsi l’authenticité des témoignages.

Chaque portrait est accompagné de ses objets qui en disent encore un peu plus du personnage. Une mise à nu par la photo, par le texte qui s’apparente plus à un objet d’art qu’à un documentaire classique, n’en déplaise à certains. Quoi de mieux pour un village dont la sensibilité artistique n’est plus à prouver.

Un rendu complet de cette résidence d’artistes est prévu dans le courant de l’année et un livre devrait finaliser la quête d’Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino. »

Extrait de l’article paru dans La Nouvelle République le 15 janvier 2020- Nathalie Noguès.